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Traoù kozh

La chronique du patrimoine breton diffusée le mercredi à10h et le samedi à 9h30

Traoù kozh, c'est une visite guidée à travers les objets authentiques de la culture bretonne.
Ces petits morceaux de patrimoine vous dévoilent leur histoire, écoutez ce qu'ils ont à dire : ils sont porteurs de sens, nous enracinent et nous aident à penser la Bretagne.
Un objet, une histoire, une mémoire. En donnant la parole à une pièce d'art populaire breton, vous remonterez à la source, vous pénétrerez dans l'intimité des gens de Bretagne, vous découvrirez leur façon d'être, avec leurs spécificités individuelles et collectives.

Une chronique en partenariat avec le magazine Bretons et Dazont ar Glad.

6 minutes

Dernière émission 07.01.2018

L'épingle de verre, ornement du costume féminin

L'épingle, l'aiguillon des heureux présages : T enir la coiffe, plaquer le devantier du tablier, retenir les plis du châle, orner le corsage. Il fallait plusieurs attaches pour fixer les différentes parties de la tenue des femmes. La plus courante et la plus humble d'entre elles fut l'épingle, spilhenn, en breton. Anciennes épingles de buis ou d'os, arêtes de poisson ou simples épines, elles se garnirent au 19e siècle d'une tige d'acier à tête de verre. La taille ainsi que la couleur des modèles variaient de quelques centimètres en fonction de l'usage. La blancheur des épingles de coiffe se fondait dans la pureté de la gaze, de la mousseline ou du tulle. Plus fantaisistes, les épingles de corsage et de tablier déclinaient la gamme des coloris pour s'harmoniser à la tonalité du vêtement. Les plus beaux exemplaires en verre filé, portés surtout dans le Pays vannetais, étaient acquis comme épingles de dentellière auprès des
merciers ou des colporteurs. Il existait également en Cornouaille des modèles spécifiques, très distincts, dits épingles de pardon.
L'épingle usuelle, d'apparence si dérisoire, fut l'instrument prophétique par lequel s'accomplissaient les consultations importantes. Pour favoriser la fécondité, obtenir une guérison ou être heureuses en ménage, les Bretonnes avaient l'habitude d'interroger, comme un oracle, les statues des saints et les croix protectrices. Le bois piqué, en retenant ou non l'épingle, délivrait son message de bonheur ou bien n'accomplissait pas les rêves. Les multiples demandes ayant trait au mariage étaient les plus fréquentes. Les jeunes filles qui désiraient s'assurer un époux allaient jeter leurs épingles divinatoires dans les fontaines sacrées : le présage pouvait s'interpréter d'après la manière dont celles-ci surnageaient ou s'enfonçaient dans l'eau. En raison de ces prédictions qui n'étaient pas oubliées, la mariée distribuait les épingles de sa couronne nuptiale en guise de porte-bonheur.