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AN HOLL ABADENNOÙ

a ginnig deoc'h

L'immorale de cette histoire...

Animée par Astrance (production, animation) & le professeur Tournesol (réalisation, choix musical)

De tous temps, les hommes se sont raconté des histoires.
Au nord, au sud, à l'est, à l'ouest, chaque peuple sur cette Terre a su tisser des contes oniriques et merveilleux, parfois doux et sucrés, ou percutants et déstabilisants.
Dotés d'une morale qui peut parfois être discutable, il est indéniable que ces histoires traversant les siècles, permettent de réfléchir à des sujets de société plus ou moins brûlants.

Chacun y trouve ce qu'il vient y chercher.

Plongeons ensemble dans cet univers peuplé d'êtres mystiques, de femmes et d'hommes aventureuses et aventureux, d'animaux doués de parole ou encore d'arbres ayant la capacité de se mouvoir à travers les frondaisons.

Plongeons ensemble dans cette mémoire collective, qui sait nous faire vibrer au rythme des mots, des allitérations et des assonances.

60 munut

Abadenn diwezhañ 11.03.2021

Chapitre#05 - Sorcières

Épisode animé par : Astrance et le professeur Tournesol
Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n'avez pas pu brûler.
Durant longtemps, les sorcières dans les contes et les histoires étaient représentées comme des êtres maléfiques, plongées dans le côté obscur et préparant de multiples potions ragoutantes aux yeux de grenouilles et aux pattes de corbeaux.
On leur rajoutait aisément des cheveux gris, un nez crochu où trônait une pustule, une robe d'un noir de geai toute déchirée, un rire machiavélique et chevrotant et, comble du stéréotype douteux, un balai pour voler dans le ciel et aller accomplir leurs méfaits.
A contrario, les sorcières étaient parfois décrites comme des femmes incroyablement belles et surtout, dénuées de tout sentiments. Prêtes à tout faire pour ensorceler les hommes et les éloigner de leur épouse, leur famille et leurs devoirs accomplis avec fierté.
Il était sans doute plus rassurant de les identifier comme des femmes dangereuses, aux pouvoirs redoutables, capable de changer un homme en crapaud.
Plus facile de se dire que ces femmes indépendantes et détachées des injonctions sociétales que l'on a connu à travers les siècles, étaient nocives pour la société.
Nocives car imaginez que d'autres femmes aient eu envie de se libérer du joug patriarcal. Ce n'était tout simplement pas concevable.
Alors, on leur a taillé un costume idéal pour pouvoir les traquer, les détester, les brûler et les exterminer. Et ce, même dans les contes populaires.
Lectures :
Circé - Madeline Miller
Abattue par la tristesse ou... Arabelle - Leonora Carrington
Légère comme une plume - Contes des sages scandinaves - Anna Lazowski
Musiques :
Générique : Max Richter - On The Nature Of Daylight
Jefferson Airplane - White Rabbit (Surrealistic Pillow, 1967)
Modeste Moussorgski - Une nuit sur le Mont chauve (The Chicago Symphony Orchestra, dir. Frtz Reiner)
Sutartines (chants traditionnels lituaniens)